Le cheval et la Renaissance

Le grand tournant de la Renaissance

Le Moyen Âge consacre de belles pages de miniatures au cheval. Celles-ci, issues de livres d’heures, de romans de chevalerie et de chansons de geste, le représentent intimement lié aux activités de l’homme, que ce soit pour les labours, les batailles, les travaux domestiques, les tournois, les cortèges d’apparat ou le transport. Réservé à la noblesse, le cheval est figuré richement orné, avec une réalité anatomique plus ou moins fantaisiste.
Il faut attendre le XY• siècle et le début de la Renaissance pour que la représentation équestre prenne une autre dimension: les artistes commencent alors, pour ce faire, à étudier l’anatomie de leurs sujets et à s’intéresser à l’espace. Les portraits et scènes de bataille s’animent d’une ébauche de réalisme: les artistes exploitent désormais l’illusion de la profondeur, du raccourci par des représentations de face, de profil ou de dos.
On peut citer à cet égard l’œuvre des frères Yan Eyck pour la peinture flamande, Gozzoli, Piero della Francesca et Uccello pour la peinture italienne.
(( Réservé à la noblesse, le cheval est figuré richement orné, avec une réalité anatomique plus ou moins fantaisiste )}

 

Le portrait équestre voit le jour …

C’est à la Renaissance que naît le portrait équestre. Sa paternité peut être attribuée au célèbre médailliste italien Pisanello. Passionné de cheval, celui-ci les étudie avec minutie: ses commandes émanant des grands seigneurs dénotent un admirable don d’observation et un sens aigu du réel. Son style et son travail ont sans doute influencé l’œuvre du grand Léonard de Yinci dont les représentations de chevaux ont su dompter le mouvement, la dynamique et l’énergie de ses modèles.
C’est à cette époque que s’amorce l’apogée des grands portraits équestres. La prestance et le charisme que confère le cheval à son propriétaire deviennent le sujet préféré des portraits officiels. Souverains et nobles en raffolent. Rubens fait évoluer ce genre vers l’art baroque qui traite le cheval en silhouettes rondes et élégantes, aux allures impétueuses, disposées en diagonale, dotées de crinières ondulées et de queues flottantes. 
 

Tour à tour, Velazquez, Titien et Van Dick ont immortalisé les familles royales d’Europe. Mais, malgréles innovations du siècle d«’or et l’âge de baroque, le portrait équestre s’enlise dans des conventions de moins en moins dynamiques.

Des champs de batailles aux courses hippiques

Pour admirer des portraits vivants, il faudra attendre l’émergence au XVIIIe siècle, dans l’œuvre des peintres flamands, d’un genre nouveau, celui des scènes de la vie quotidienne: travaux des champs, voyageurs à cheval, attelages en route, chevaux en liberté, cavaliers au manège … Ces compositions montrent un réalisme emprunt de raffinement, d’élégance et de délicatesse.
Parmi les maîtres du genre, citons Paulus Potter, Van de Velde, Van Lear ou Wouwerman. Héritier de cette veine, le peintre anglais George Stubbs exploite l’engouement naissant pour les courses hippiques et se spécialise dans les représentations de pur-sang en compétition; les commandes de portraits de la part d’éleveurs, de propriétaires et de cracks du turf affluent

L’avènement de l’ère industrielle

va détrôner le cheval de la place prépondérante qu’il occupait jusqu’alors, privant les artistes de tous les thèmes
et les sources d’inspiration dont il fut
le protagoniste pendant des siècles.


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